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La consolidation des institutions en période de conflit

La consolidation des institutions en période de conflit

Dans le cadre de la School of Lawmaking 4.0, menée par notre organisation partenaire Generation U, 30 jeunes Ukrainiens ont passé quatre semaines en ligne et cinq jours à Kyiv à découvrir comment les lois sont élaborées, avant de transformer ces connaissances en propositions législatives concrètes.

Comment une génération apprend-elle à bâtir des institutions solides lorsque les maisons s’effondrent ?

L’éducation civique peut sembler relever du simple exercice scolaire, mais elle est la condition préalable à toute forme de participation. Quiconque ignore comment une loi est élaborée, qui est habilité à en prendre l’initiative et à quel stade il est possible d’exercer une influence restera inévitablement spectateur. Ce savoir n’est pas inné : soit il se transmet, soit il se perd. C’est précisément là qu’intervient le projet « School of Lawmaking 4.0 » mené par notre organisation partenaire Generation U.

Des décisions qui détermineront l’avenir du pays pour des décennies sont actuellement prises en Ukraine. Elles concernent notamment les règles régissant la reconstruction, le système de santé ou encore l’accompagnement des personnes qui reviennent du service militaire. On parle beaucoup de la jeune génération, mais on la consulte rarement. Sans personnes qui comprennent le fonctionnement des institutions publiques, aucune de ces décisions ne peut être prise correctement, ni aujourd’hui ni, à plus forte raison, dans dix ans.

La politique participative

Tout au long du projet, des jeunes venus de différentes régions, d’âges et de parcours universitaires variés, se sont réunis régulièrement à la « School of Lawmaking » afin d’acquérir une compréhension approfondie du processus législatif. Travaillant en équipes et accompagnés par des mentors, ils ont élaboré des initiatives législatives. Celles-ci portaient sur des problèmes bien visibles dans la vie quotidienne du pays, tels que le dépistage du cancer, la rémunération des enseignants, la reconstruction et le service militaire.

L’accent était mis sur le processus législatif lui-même : de l’analyse d’un problème et de l’examen de la réglementation existante jusqu’à l’évaluation des options d’action, pour transformer une idée solidement fondée en une proposition défendable.

Un apprentissage intergénérationnel

La portée de l’événement a été soulignée par la présence d’un invité qui avait vécu ces premiers jours de près. Ivan Zaïets, ancien député et l’une des figures de proue du mouvement pour l’indépendance de l’Ukraine, a évoqué la déclaration d’indépendance et le moment où le drapeau ukrainien a été hissé pour la première fois à la Verkhovna Rada après la fin du régime communiste. Pour les participants, qui ne connaissaient cet épisode que par des récits, ce fut l’occasion de l’entendre raconter par quelqu’un qui se trouvait réellement dans l’hémicycle.

« Échanger avec une personne qui a contribué à façonner l’histoire de l’Ukraine a été une expérience unique, a confié l’un des participants. Cela m’a aussi rappelé pourquoi je fais ce travail et pourquoi un projet comme la School of Lawmaking est important. »

Les participants ont également pu découvrir les institutions de l’intérieur. Au centre de formation de la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien, ils ont simulé une audition parlementaire et y ont présenté leurs initiatives. Au conseil municipal de Kyiv, ils ont reconstitué une réunion de commission, vote compris. Ce qui, vu de loin, ressemblait à une bureaucratie impénétrable est ainsi devenu concret : des salles où siègent des personnes, des délais à respecter, des majorités à constituer.

Le bilan

La dernière séance du projet a abordé la question qui se pose inévitablement après un tel événement : que devient une initiative législative une fois présentée ? La réponse honnête est que le chemin est encore long. Les participants en ont débattu avec Anna Dorosh, cheffe du service des procès-verbaux au ministère de la Santé, et Viktor Sipeïev, conseiller d’un député.

Une participante l’a résumé ainsi : « La partie la plus concrète a été d’élaborer nous-mêmes une proposition de loi. Viennent ensuite l’examen technique et le travail de plaidoyer. Nous allons continuer ! »

C’est précisément pour cette raison que ce qui a été accompli ces dernières semaines est si important. Les jeunes savent désormais à quoi ressemble ce chemin, où il mène et à quel moment ils peuvent eux-mêmes s’y engager. Les effets de l’éducation politique ne se font pas sentir le jour de la présentation finale, mais dans les années qui suivent, lorsque ces mêmes personnes siègent dans des ministères, des rédactions, des conseils municipaux et des organisations, et se souviennent que les règles sont faites par des êtres humains.

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